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jeu 29 nov 2007

Werder Brême s'impose face au Real Madrid (3-2)

29 11 2007

Le public du Weserstadion n'oubliera pas de sitôt ce match de folie. Obligés de gagner pour croire encore à la qualification aux huitièmes de finale, les joueurs du Werder Brême ont offert une prestation de haut vol face au Real Madrid (3-2). Après un début de parcours calamiteux lors duquel ils se sont inclinés à trois reprises dans leurs quatre premiers matches, les hommes de Thomas Schaaf ont su trouver la motivation nécessaire pour venir à bout d'un champion d'Espagne jusque-là encore invaincu en Ligue des Champions.

Dans un match très ouvert et enlevé, il ne fallait surtout pas arriver en retard au Weserstadion. Privés de leur pièce maîtresse, le Brésilien Diego, les coéquipiers de l'ex-Sochalien Tosic débutent la rencontre tambour battant. Profitant des montées des latéraux merengue, il ne faut que quatre minutes aux Vert et Blanc pour faire sauter le verrou madrilène. Rosenberg reprend du bout du pied une déviation de l'épaule de Sanogo et met en délire tout un stade chauffé à blanc (1-0, 4e).

Cueilli à froid, le Real ne panique pas. Malgré des errements défensifs sur les côtés, les partenaires de Raul continuent d'aller de l'avant. Les Madrilènes se montrent toutefois très maladroits dans leurs phases de construction à l'image d'un Gago qui semble avoir perdu de son toucher de balle. Mais, comment souvent, le Real est remis sur les rails par une action individuelle d'une de ses stars. Cette fois c'est Robinho qui s'en charge. Le Brésilien s'enfonce sur le côté gauche de la défense allemande et égalise d'une frappe enroulée (1-1, 14e).

A ce moment de la partie, le Real tient sa qualification mais le Werder ne l'entend pas de cette oreille. Le match ne perd pas en intensité et on assiste alors à une véritable attaque-défense de part et d'autre. Les deux équipes profitent davantage des erreurs adverses pour se créer des occasions à l'image de Naldo qui tente sa chance à l'entrée de la surface après un ballon renvoyé n'importe comment par la défense madrilène (33e). Le Real multiplie les fautes techniques et son arrière-garde est loin d'être dans un bon soir. Elle se fait d'ailleurs humilier juste avant la pause sur un déboulé génial de Rosenberg. Sur soixante mètres, le Suédois passe en revue tout le côté gauche du Real et centre pour Sanogo qui redonne l'avantage aux siens sur une reprise un peu chanceuse du talon (2-1, 40e). Schuster est furieux.

Un groupe plus que jamais resserré

Secoués dans les vestiaires par le technicien allemand, les champions d'Espagne repartent à l'attaque dès les premières secondes de la deuxième période. La volonté des Merengue manque d'être payante une minute après la reprise sur une double occasion de van Nistelrooy et de Raul qui voient Vander repousser à deux reprises leurs tentatives à bout portant (46e). Le Werder Brême est malmené et manque d'être puni dix minutes après, lorsque van Nistelrooy rate l'immanquable. Servi au centre par Robinho, le buteur néerlandais manque son plat du pied alors qu'il est seul face au but (55e). C'est le tournant du match. Deux minutes plus tard, Hunt crucifie les visiteurs en signant son retour à la compétition après une blessure de six mois en inscrivant le troisième but brêmois d'un extérieur du pied qui bat un Casillas venu à sa rencontre (3-1, 55e).

Schuster va alors tenter le tout pour le tout en sortant un milieu défensif pour un attaquant. Malgré une assise défensive rendue plus faible, la tactique de l'Allemand s'avère payante puisque van Nistelrooy retrouve la réussite et réduit la marque d'un ballon piqué qui laisse Vander sur place (3-2, 71e). Thomas Schaaf craint alors le pire pour son équipe. Peu habituée à gérer le score face à un ténor européen, la formation allemande va vivre un dernier quart d'heure crispant. Naldo va alors donner plus de sueurs froides aux siens sur une passe en retrait qui manque de tromper son propre gardien (77e). Bousculé, acculé en défense, le Werder tient finalement le résultat. Le Real Madrid reste maudit en terre de Goethe. En vingt-deux déplacements, les Merengue n'en sont revenus qu'avec un seul succès.

Grâce à ce résultat, Brême se relance complètement dans l'optique de la qualification dans un groupe plus que jamais resserré avec les équipes qui se tiennent en trois points. La formation allemande tentera de décrocher son billet pour les huitièmes sur le terrain de l'Olympiakos alors que les Madrilènes, battus pour la première fois cette année en Ligue des Champions, joueront leur avenir à Santiago Bernabeu face à la Lazio.

LA DECLA : Thomas Schaaf (entraîneur du Werder Brême)

"C'est l'un des plus beaux succès en Europe de l'histoire du club, car cette équipe est confrontée depuis le début de saison à une série incroyable de blessures. Aujourd'hui, il n'y avait pas Tim Wiese, Tim Borowski, Torsten Frings et Diego était suspendu. Et pourtant l'équipe a abordé cette rencontre avec enthousiasme et assurance: ils ont toujours cru qu'ils pouvaient remporter ce match, même quand le Real a égalisé à 1-1. Nous prenons les matches après les matches, on ne pense pas encore au match qu'on doit absolument gagner contre l'Olympiakos pour obtenir notre billet pour les 8e de finale".

Eurosport - Mathieu MARGUERITTE

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