la sélection a fini par se prendre les pieds dans le tapis et ne disputera pas l'Euro 2008
Par Sport Magazine,
vendredi 23 novembre 2007 à 14:41 :: General
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Plus rien ni personne ne peut sauver l'Angleterre. Pas même Dieu, qui avait déjà du boulot avec la Reine. Eliminés piteusement de l'Euro 2008 par un mercredi pluvieux, les Anglais vont avoir quelques mois pour gamberger. Réfléchir à ce qui n'a pas fonctionné, aux raisons qui font de l'équipe nationale anglaise n'est pas au niveau des meilleures sélections du Vieux Continent, et surtout repartir de l'avant en vue de la campagne qualificative pour la Coupe du monde 2010. Absente d'une grande compétition internationale pour la première fois depuis 1994, la sélection jusqu'alors dirigée par Steve McClaren paie cash des insuffisances qui minent l'Angleterre depuis de nombreuses années.
Si le championnat est une vitrine, une compétition des plus attractives et d'un niveau bien plus élevé depuis l'ouverture de ses frontières et l'arrêt Bosman, la sélection nationale a dans le même temps plongé. La relation de cause à effet est à prendre en compte, même si l'Angleterre n'a pas attendu la dernière décennie pour ne plus être au niveau des toutes meilleures nations. L'afflux de joueurs étrangers a inondé la Premier League, permettant parfois à certains clubs - ce fut le cas de Chelsea à la fin des années 90 et aujourd'hui d'Arsenal - de pouvoir présenter des équipes performantes sans joueur anglais sur le terrain. Bloqués par les stars venues de différents horizons, les jeunes n'ont pu percer. La sélection nationale en paie les conséquences.
Aujourd'hui, la Premier League se défend. Mais peine à convaincre : "La Premier League est le championnat le plus réputé du monde. Il emploie les meilleures stars du monde et 355 joueurs anglais. On ne peut pas continuer à chercher des noises à la Premier League en expliquant que c'est de sa faute si on n'a pas des tonnes de joueurs fantastiques", s'emporte son président David Richards. "Nous serions les premiers à admettre qu'il y a quelque chose de pourri dans le système (...). Mais arrêtez de dire que c'est de la faute de la Premier League. Les racines sont plus profondes. La Premier League travaille très dur pour ses centres de formation. Elle dépense 100 millions de livres par an pour entraîner ses jeunes vedettes." Des "jeunes vedettes" qui n'ont que rarement leur chance dans les meilleures écuries du pays.
Une culture tactique insuffisante
L'Angleterre a tout de même ses stars. Si le vivier semble moins profond que celui du football français par exemple - il n'y a qu'à se pencher sur le onze aligné par McClaren mercredi - les Steven Gerrard, Frank Lampard et compagnie sont loués par les observateurs du monde entier et restent des joueurs majeurs. Rois en leur royaume, ils semblent pourtant faire un blocage lorsqu'il s'agit de défendre les couleurs de leur pays. Un blocage en partie psychologique mais surtout footballistique. Pour Graham Taylor, ancien sélectionneur anglais qui était aux commandes lors du fiasco de la course à la Coupe du monde 1994, les problèmes sont profonds. "Il n'y a qu'à regarder nos résultats sur la scène internationale depuis de nombreuses années. Nos problèmes vont au-delà du sélectionneur", expliquait-il juste après la défaite en Russie le mois dernier.
Selon lui, les Anglais ne parviennent pas à s'adapter au football continental. C'est une question en partie culturelle. En Premier League, le kick and rush a laissé la place à un football plus léché au fil des années. Mais grâce aux étrangers. Ceux-ci ont apporté une qualité technique et tactique que les locaux n'avaient pas. Si les Gerrard et Lampard leur ressemblent de plus en plus et ont beaucoup appris à leurs côtés, ceux-ci n'ont pas encore complètement assimilé cette culture tactique indispensable lors des joutes internationales. Et ça se sent.
Si les hommes alignés sur le terrain et notamment les gardiens de but, un problème récurrent et dont les boulettes succèdent aux toiles, ont leur part de responsabilité évidente après l'échec de cette campagne, Steve McClaren n'est pas tout blanc. Viré jeudi après dix-huit mois de loyaux services, à défaut d'être bons, le sélectionneur n'a jamais eu de ligne directrice claire ni de tactique établie une bonne fois pour toutes. S'il a dû composer avec de nombreuses blessures tout au long de la campagne, l'ancien adjoint de Sven-Goran Eriksson a fait des erreurs. Son opération rajeunissement et la mise à l'écart de David Beckham après la Coupe du monde 2006 est évidemment l'une d'entre elles. Une erreur d'autant plus flagrante qu'il s'est résolu à rappeler le Spice Boy - toujours irréprochable sur le terrain et par son comportement - quelques mois après. Beaucoup de temps perdu. Mais rien comparé à la traversée du désert que l'Angleterre entame.
Eurosport - Maxime DUPUIS
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