Kiev a un passé européen, mais peine à présent

Avoir huit Bleus dans ses rangs n'a pas que des inconvénients. Ils sont quelques-uns, dans le groupe de Gérard Houllier, à être mieux instruits que d'autres sur les coups dont le football est parfois capable. Battus en Ecosse il y a dix jours (1-0), en se demandant encore comment cela a été possible, Abidal, Malouda et les autres mettront tout le monde en garde face aux raccourcis évidents auxquels se prête le déplacement de Lyon à Kiev. L'OL, c'est neuf victoires consécutives série en cours, un bilan de 25 points sur 27 en L1 et 6 sur 6 en Ligue des champions, une science des soirées européennes qui a impressionné autant contre le Real Madrid (2-0) que chez les Steaua Bucarest (3-0). C'est le sentiment qu'une qualification aussi rapide que l'an passé, dès la quatrième journée, est largement dans les cordes d'un groupe bâti pour le turn over. Certes, Coupet est toujours blessé, mais Fred est de retour. Diarra fait la moue mais c'est parce que Toulalan rayonne. Juninho reste décisif et l'équipe gagne même quand elle est ordinaire, comme samedi devant Saint-Etienne (2-1). L'équipe qui stoppera Lyon est sans doute née mais son profil reste flou...

Le Dynamo Kiev, en tout cas, n'a pas un dossier qui plaide en sa faveur. Dernier du groupe, le club ukrainien est l'équipe la plus larguée depuis le début de la compétition : aucun point inscrit, et deux déroutes au compteur devant le Steaua Bucarest (1-4) et le Real Madrid (1-5). Seul le Levski Sofia a un bilan comparable. Même si Kiev a quelque chose que l'OL n'a pas, une histoire (25 participations en C1, seuls le Real Madrid et le Benfica ont fait mieux), deux trophées continentaux (la C2 en 1975 et 1986), il a perdu la recette des phases de poule version automne-hiver. Le Dynamo reste sur cinq échecs consécutifs en première phase. Mais la dernière fois qu'il avait franchi ce cap, c'était en 1999-2000, et il l'avait fait après avoir perdu ses deux premiers matches. Pour Lyon, l'opportunité d'accrocher ces neufs points «presque synonymes de qualification» (Aulas) est un mobile trop puissant pour que ce rappel ait beaucoup de sens. Les Rhodaniens ont d'ailleurs gagné l'Ukraine dès dimanche, plus de 48 heures avant la rencontre, pour s'habituer à tout, notamment à une température qui risque fort d'être négative.

Sept victoires en onze déplacements

A Kiev, l'entraîneur Anatoli Demianenko assure que son club vise toujours la qualification. Il veut croire que son équipe a changé depuis les deux premières journées, dues à un climat de relâchement après le tour préliminaire contre Fenerbahçe (2-2, 3-1). Lyon, de son côté, scande encore le mot humilité et refuse son destin de qualifié d'avance. «Je ne présente pas l'adversaire sur ses faiblesses mais plutôt sur ses caractéristiques globales de jeu, prévient Gérard Houllier. Je ne tire pas de conclusions sur les matches précédents. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons abordé dans de bonnes dispositions mentales le déplacement à Bucarest». Et les précédents aussi : Lyon reste sur sept victoires en onze déplacements européens.