Alors on cherche les racines du mal. Le traumatisme de l'épisode Guy Roux est sur toutes les lèvres. Mais, comme l'an passé, ce sont bien les carences morales du groupe lensois qui refont surface. " Le groupe n'arrive pas à supporter la pression d'avoir le maillot de relégable. Il faut afficher des ressources mentales pour faire face. Il faut y réfléchir avant les échéances à venir. Cela ne se fera pas d'un coup de baguette magique. C'est à nous d'être encore au plus près des joueurs", peste le président Gervais Martel. A l'image de Lucien Aubey, les joueurs ont pourtant conscience de leurs lacunes : "Quand on se fait égaliser, on repense à cette défaite bête à Marseille. On cogite et on prend le deuxième but. L'égalisation, c'est un moment d'inattention. Ensuite, nous retombons dans nos travers. C'est le signe d'une équipe qui doute".

"Il n'y aura plus de titulaires"

Mais, si les joueurs sont souvent les premiers responsables, il devient évident que JPP a dû mal à faire passer son discours. Alors il hausse le ton. "Si on ne fait rien, j'ai le sentiment que nous allons droit dans le mur. Je dois faire toute une partie de saison avec cette équipe, il va donc falloir changer le caractère global de l'ensemble de l'équipe et avoir des révoltés lorsque les choses tournent mal ", a-t-il mis en garde. Reste qu'une première réunion avec les joueurs, la semaine dernière, n'a pas eu les effets escomptés malgré l'échange de "certaines vérites" : manque de solidarité, de rage de vaincre, de prise de responsabilité, etc. Alors le Ballon d'Or change de méthode. "Cette fois-ci, je vais les faire parler tout seul. On parle beaucoup en ce moment mais on n'avance pas. Ce que je veux, c'est que nous gagnions des matches. Il faut que chacun prenne ses responsabilités afin de retrouver de la qualité de jeu", explique-t-il.

Finies les paroles, place aux actes. Car l'effet JPP se fait toujours attendre. Son changement d'organisation et son passage au 4-4-2 avec deux attaquants n'ont visiblement pas ressuscité une attaque toujours aussi moribonde (6 buts en 11 matches soit la plus mauvaise attaque du championnat). Face à Monaco, l'effectif lensois devrait donc être largement bousculé. "Il n'y aura plus de titulaires, a annoncé Papin à ses joueurs. L'ossature de départ que je comptais conserver n'est plus d'actualité. Il va falloir que les joueurs me montrent à l'entraînement qu'ils sont des titulaires en puissance. Je veux des joueurs qui ne baissent pas les bras comme dimanche. J'ai vu des joueurs qui ont abandonné alors qu'il n'y avait pas le feu à 1-1. Je ne peux pas l'accepter ! On n'en a pas le droit à Lens" . Qui fera bénéficiera de ce remaniement ? Peu utilisés cette saison, Razak Boukari, Mounir Diane ou Jonathan Lacourt devraient avoir leur chance.

Le retour de Gillot ?

Un nouveau faux-pas en Coupe de la Ligue serait plus que malvenu. Et Jean-Pierre Papin est en première ligne. Selon Le Parisien, l'entraîneur serait sur la sellette deux mois seulement après son arrivé. Plus que ça, le Racing aurait déjà envisagé un divorce si la situation ne s'améliorait pas et envisagé une solution de remplacement en interne. Francis Gillot, démissionnaire en fin de saison dernière et désormais en charge du recrutement, pourrait ainsi revenir aux affaires. Quelle perte de temps cela constituerait ! Le club a toutefois démenti la rumeur. "Je peux vous garantir que Jean-Pierre Papin est l'entraîneur du Racing Club de Lens et qu'il n'a jamais été question de quoi que ce soit concernant sa présence à la tête de l'équipe", a assuré Francis Collado. Mais, comme l'on dit souvent dans ces cas là, il n'y a pas de fumée sans feu...

Eurosport - Anthony PROCUREUR