D'ici là, on se souviendra que la France a mis du temps à faire plier la Lituanie. Dans un stade de la Beaujoire rempli à ras bord et face à des adversaires vêtus aux couleurs du FC Nantes, l'équipe de France prend pourtant le match par le bon bout. Comme face aux Féroé samedi, les Bleus montrent les dents dès le coup de sifflet initial de l'arbitre, M.Kassai. Et c'est Franck Ribéry, une nouvelle fois aligné dans l'axe, qui lance les hostilités d'une frappe puissante brillamment déviée sur la barre par Karcemarskas (1re). De retour après avoir été laissé au repos à Torshavn, Florent Malouda met peu de temps à signaler sa présence. Servi par Karim Benzema, l'ancien Lyonnais allume une mèche qui vient s'écraser une nouvelle fois sur la transversale balte (15e). Après quinze minutes de jeu, les Bleus ont touché du bois à deux reprises.

La Lituanie aussi

Les Lituaniens vont "revenir au score". Sur leur première descente sérieuse dans le camp français, Ksanavicius met au supplice Abidal sur son aile et, d'une frappe enroulée, trouve le poteau droit d'un Landreau qui était battu sur le coup (18e). Dominateurs, les Français ne sont pas à l'abri. D'autant que la réussite semble être restée dans l'Atlantique Nord. Cette tête à bout portant de Gallas repoussée par la hanche de Karcemarskas (21e) en est un signe supplémentaire. Et que dire de cette frappe à ras de terre de Karim Benzema qui passe du mauvais côté du poteau (38e) ? Possesseurs du ballon le plus clair du temps, les Tricolores, avec une animation offensive proche de celle de samedi, n'ont guère de mal à s'infiltrer dans un mur lituanien qui a tendance à se lézarder. Mais la conclusion laisse à désirer.

Les vice-champions du monde reprennent les commandes au retour des vestiaires. Mais ni Henry (50e) ni Ribéry (59e) ne trouvent la faille. Le spectre de l'Ecosse, qui semblait aux oubliettes, ressurgit. D'autant plus que les Tricolores n'arrivent pas à se lâcher, à sortir du moule et de la tactique mise en place par Raymond Domenech. Trop académiques, les Bleus...

Sentant ses hommes fléchir, le sélectionneur national décide d'injecter du sang neuf en faisant entrer Hatem Ben Arfa en lieu et place de Lassana Diarra au coeur de la seconde période (69e). Mais le Lyonnais n'est guère plus en réussite que ses partenaires. Sur un centre de Ribéry et alors que le but a été déserté par Karcemarskas, Ben Arfa manque la cible (75e). Rien ne va... Jusqu'à la 79e minute du moins. C'est à ce moment que Thierry Henry décide d'entrer dans l'histoire. Sur un centre en retrait de Ben Arfa, le Barcelonais reprend du plat du pied et trouve enfin la faille (1-0, 79e). Lancé en profondeur deux minutes plus tard par Jérémy Toulalan, il remet ça (2-0, 81e). Et de deux qui font quarante-trois. La Beaujoire exulte. Henry aussi. Les Bleus ont mis le temps mais sont plus que jamais sur la route de l'Euro austro-helvétique. Ce n'est pas encore une autoroute mais le trafic s'est fluidifié.

LA DECLA : Raymond Domenech (sélectionneur de l'équipe de France)

"Cela ne change rien. C'est juste une donnée supplémentaire qui rend plus intéressant ce que vont faire les Italiens en Ecosse. Mais nous, on joue 9 points soit, 3 + 3 + 3. On a fait deux tiers du parcours. J'ai toujours été un grand supporter des Italiens. Il faut qu'ils justifient leur titre de champion du monde, surtout en Ecosse. Mais je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, il faut gagner le dernier match. On fera le bilan après."

Eurosport - Maxime DUPUIS