Pourquoi Patrick Vieira n'est pas dans votre liste alors que William Gallas y figure ?

R.D. : J'ai eu les deux au téléphone, comme toujours. Pour Patrick Vieira, autant la dernière fois, il était serein, tranquille. On savait qu'on ne prenait aucun risque. Là, il était plus hésitant au téléphone, réticent. Après discussion, on a pris la décision ensemble, celle qui était la plus sage. Il faut qu'il continue à se préparer avec son club (l'Inter Milan) pour retrouver son niveau le plus vite possible. On est tombés d'accord là-dessus avec lui. On n'avait aucune chance de le faire jouer.

Le cas de Gallas était différent ?

R.D. : Pour William, il a déjà repris. Il a travaillé dans son club puisqu'il reprend l'entraînement collectif (vendredi). Lui pense avoir une chance de jouer dimanche (contre Bolton). Dans ces conditions, il peut être opérationnel.

Quel a été le poids de la diplomatie avec Arsenal et l'Inter Milan dans ces deux décisions ?

R.D. : Je ne sais pas. Quelle diplomatie ? Pour quoi faire ? Pour dire que Patrick Vieira reste à l'Inter. Comme l'Inter Milan, on a envie que Patrick Vieira revienne le plus vite possible. Et dans la mesure du possible, on essaie de concilier les intérêts des uns et des autres. Des fois, c'est un peu plus à l'avantage de la sélection comme la dernière fois. D'autres, c'est en faveur du club comme aujourd'hui. Mais c'est un équilibre permanent avec tous les clubs. Tout le monde préfère avoir ses joueurs en pleine forme. Nous aussi.

En revanche, David Trezeguet n'est pas blessé...

R.D. : Pour David Trezeguet, c'est lié à la concurrence. On a beaucoup d'avant-centres dans l'axe. Il y a cinq ou six joueurs qui peuvent jouer à ce poste. Donc il y a des choix à faire. Mais ceux qui comptent, ce sont ceux qui seront présents pour ce match-là. Sachant que la liste n'est jamais fermée. On aura aussi un match en Ukraine (le 21 novembre). Tout le monde doit se sentir concerné, je ne veux fermer aucune porte à personne.

Vous n'avez pas été convaincu par ces derniers matches ?

R.D. : J'ai encore revu son dernier match (contre le Torino, 0-1). Il a des arguments, il a montré des choses intéressantes. Il marque, c'est vrai, mais tous les attaquants marquent aujourd'hui. C'est presque devenu un souci. Avant, quand je prenais un joueur, il marquait en sélection et pas en club. Maintenant, c'est presque le contraire : ils marquent en club mais plus avec nous. Donc voilà, c'est un problème de concurrence essentiellement.

Qu'est-ce qui a valu les sélections de Jérôme Rothen et Mathieu Flamini ?

R.D. : Ce sont des joueurs qui faisaient partie du groupe en Slovaquie. Malheureusement, ils n'étaient pas venus parce qu'ils étaient blessés. Ils sont performants dans leur club. J'espère qu'ils apporteront un plus. Sinon, je ne les aurais pas appelé. Si c'était juste pour faire 22 ou 23, j'aurais pris Bruno (Martini) ou Pierre (Mankowski). Pour la prime, au moins on la partagerait comme ça ! (Rires)

Cinq joueurs de votre liste évoluent à Arsenal. Est-ce une nouvelle influence en équipe de France ?

R.D. : Quand c'étaient les Lyonnais, vous me posiez déjà la question et je répondais : je ne prends pas un joueur parce qu'il est à Lyon ou à Arsenal. Je prends des joueurs parce qu'ils sont performants, qu'ils peuvent amener quelque chose et qu'ils peuvent être utiles à l'équipe. C'est sûr que c'est bien d'avoir des joueurs d'un même club, surtout lorsque le club fonctionne bien. Ils créent quelque chose de positif à l'équipe de France. Mais la couleur de leur maillot doit être bleue. C'est tout ce qui m'intéresse.

Sylvain Wiltord a-t-il atteint la limite d'âge ?

R.D. : Je crois que Sylvain a le même âge que Claude Makelele (Wiltord a 33 ans, Makelele 34, ndlr)... Il n'y a pas de limite d'âge et je le prouve à chaque fois avec Lilian (Thuram) ou Claude (Makelele). Ce sont des gens qui sont performants, qui sont peut-être à des postes où il y a plus de concurrence que d'autres. Mais je ne fixe pas de limite d'âge. Regardez les Ecossais qui ont joué contre nous : David Weir a 37 ans et il ne s'en sort pas trop mal. Sylvain joue peut-être aussi un peu moins que quand il était jeune. Et quand il était jeune, c'est lui qui amenait cette concurrence aux autres. Aujourd'hui, c'est cette même concurrence qui arrive derrière. Il faut rester au top constamment mais personne n'est écarté.

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